Politique et démagogie
Les stratèges politiques ont souvent utilisé le fait religieux afin de s'assurer le soutien populaire et de galvaniser les foules dans leurs desseins ambitieux. Or cette instrumentalisation du religieux, au profit de quelques manipulateurs habiles, n'a jamais servi ni la chose politique, ni la religion, mais au contraire desservi la société qui dû en pâtir. Exploitation et dénaturation dont le christianisme a souffert dans l'histoire, et qui grève encore son témoignage. Les politiciens, en effet, sont versatiles et oublieux quand ça les arrange…car aussitôt après avoir profité de l'assentiment nécessaire à la réalisation de leurs projets, au tournant du changement de paradigme philosophique des XVIII et XIXème siècle, les hypocrites d'hier ont finalement nié leur responsabilité et transféré entièrement la coulpe de leurs actes sur la Foi chrétienne, qu'ils affectaient naguère partager.
Justification de l'injustifiable
Ainsi, a-t-on tenté de justifier, par exemple, le colonialisme, l'esclavagisme, le racisme et la ségrégation, alors qu'une lecture simple des Écritures démasque facilement les prétentions méchantes des promoteurs de ces idées. Le diable aussi utilise les déclarations de la Bible... en en tordant le sens ! Le christianisme biblique ne permet pas de soutenir les conceptions que nous venons d'énoncer. Car, en effet, Celui qui a dit: Tu aimeras ton prochain comme toi-même; Tu ne tueras pas; et Je ne veux pas la mort du méchant, mais qu'il se convertisse ! pourrait-il inspirer des actions en opposition avec ce qu'Il commande ? Pas le moins du monde. Ce que font les hommes est une chose, ce que fait Dieu en est une autre. A chacun la responsabilité de ses idées et de ses actes: Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l'Éternel. Car autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées (Ésaïe 55,8-9). Et surtout: Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime; et celui qui m'aime, sera aimé de mon Père; et moi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui (Jean 14:21).
N'y a-t-il que l'instrumentalisation du religieux à des fins politiques qui soit nocive ?
C'est ce que certains voudraient nous faire croire, dans le but de mieux dissimuler leurs propres visées. Car les hypocrites agnostiques et athées qui battent le pavé en répétant à l'envie que la religion est cause de haine et d'obscurantisme, sont bien les mêmes qui instrumentalisent la science et le concept philosophique de laïcité, dans le simple but d'exclure de la société civile ceux qui ne partagent pas leur vision du monde humaniste scientiste. Leur propagande virulente témoigne d'une haine foncière dirigée contre le christianisme (toutes obédiences confondues).Toutefois, si ce fait leur est reproché, ils dressent bien haut l'étendard de la guerre aux thèses conspirationnistes et au retour du fanatisme religieux... Réflexe crispé de défense face à une menace supposée qu'ils entrevoient avec horreur, combat de Don Quichotte confinant au burlesque ! On souhaiterait bien en rire, si la réalité de la chose que nous dénonçons ne nous était pas si oppressive et hostile.
Mais ceux-là mêmes, qui s'arrogent le droit de diriger les peuples et leurs consciences sont-ils exempts du dogmatisme qu'ils dénoncent chez les autres ?
L'instrumentalisation de la science au profit d'une pensée sécularisée
Depuis l'avènement de l'Aufklärung (rationalisme des Lumières) une philosophie nouvelle s'est constituée, revendiquant une pensée autonome - libérée de toute transcendance divine - et prônant le progrès humain par les sciences et techniques censé résoudre tous les problèmes de l'humanité. Nous serions donc, de nous-mêmes, parvenus à l'état majeur, après avoir passé par le stade polythéiste puis monothéiste. En conséquence de quoi, un certain Nietzche, inspirateur d'adolph Hitler, proclame la mort de Dieu. La science, ou plutôt la science revisitée par la philosophie scientiste, est récupérée idéologiquement pour devenir un instrument de combat contre le christianisme multiséculaire. Ainsi donc, l'ensemble du savoir humain est confisqué par une caste d'incultes ignares se croyant et se conduisant, paradoxalement, comme des esprits supérieurs. S'étant autoproclamés gardiens de la Raison et de la société, ils se sont fait une mission de veiller sur les consciences, et tout particulièrement nos chères têtes blondes (ou brunes). Gare aux parents qui ont le malheur de ne pas laisser instruire leurs enfants selon leurs préceptes impies. Il ne sera pas étonnant alors qu’ils subissent la réprobation et le regard soupçonneux des services sociaux… Car, voyez-vous, l'Inquisition n'a jamais été une œuvre d'inspiration religieuse, mais bien civile. Naguère elle s'appuyait sur le discernement des universitaires papistes, aujourd'hui elle s'appuie sur les conclusions des gourous en blouse blanche, lesquels ont réussi à asservir les âmes occidentales par la séduction de leur pseudo-connaissance. Si progrès il y a eu, c'est celui de l'ignorance, du mensonge et de la déshumanisation !
Postmodernité et perspectives
Si officiellement le scientisme n'est plus à l'ordre du jour, du moins depuis la fin des années septante, une forte minorité - influente parce qu'ayant noyauté les multiples domaines de l'hydre étatique républicain: politique, économique, social et éducatif - est encore aux commandes du pouvoir. Se rendant pourtant compte du changement de paradigme philosophique imposé par la postmodernité, elle continue néanmoins de se cramponner à des conceptions surannées. Prêchant les vertus d'une laïcité liberticide par-ci, stigmatisant le danger de sectes - réelles ou supposées, peu leur importe - et la menace du fondamentalisme catholique ou protestant par-là, leur vaine agitation ressemble à celle d'une oie à la tête coupée… Mais pourquoi donc s'en étonner plus que de raison, il est vrai que la tête, ils l'ont perdu depuis longtemps. En rejetant Dieu, le Créateur de l'Univers, ils ont ouvert la boîte de Pandore des plus terribles maux que la terre aient connus. Le déferlement des idéologies violentes et guerrières du XXème siècle en est la sinistre démonstration. On reconnaît effectivement un arbre au fruit qu'il produit.
Nous laisserons la conclusion à l'Écriture-Sainte, à la Parole même de Dieu, donc:
L'insensé dit en son cœur: Il n'y a point de Dieu. Ils se sont corrompus, ils ont commis des iniquités abominables; il n'y a personne qui fasse le bien.
(Psaume 53,1)
Le méchant dit avec arrogance: Il [l'Eternel] ne fera point d'enquête ! Toutes ses pensées sont qu'il n'y a point de Dieu.
(psaume 10,4)
Car l'Éternel donne la sagesse; de sa bouche procèdent la connaissance et l'intelligence.
(Proverbes 2,6)
Parce qu'ils ont haï la science, et qu'ils n'ont point choisi la crainte de l'Éternel. Ils n'ont point pris plaisir à mon conseil; ils ont dédaigné toutes mes réprimandes. Qu'ils mangent donc le fruit de leur voie, et qu'ils se rassasient de leurs conseils. Car l'égarement des sots les tue, et la sécurité des insensés les perd.
(Proverbes 1, 29-32)
Rappelez-vous les premières choses, celles des temps anciens; car je suis Dieu, et il n'y en a point d'autre; je suis Dieu, et il n'y en a point comme moi; J'annonce dès le commencement ce qui doit arriver, et longtemps d'avance ce qui n'est pas fait encore; je dis: Mon dessein tiendra, et j'exécuterai toute ma volonté.
(Ésaïe 46,9-10)
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